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Friday, 11 November 2016
Contre la terreur et la guerre faisons de la COP21 un succès
Passé le moment d'effroi, que faire dans de telles circonstances si ce n'est aller de l'avant ? Alourdi par le deuil, peut-être un peu tremblant, mais ni arrêté, ni ralenti, ni détourné de nos objectifs.Alors voilà... Dans tout juste deux semaines s'ouvrira à Paris la 21e conférence de l'ONU sur le climat. Il ne nous reste que quelques jours pour en faire succès, et quelle meilleure réponse pourrions nous apporter à la barbarie que l'image d'une communauté internationale réunie et solidaire pour faire face aux défis qui l'assaillent ?
La COP21 aura lieu malgré tout
L'annulation ou le report de ce rendez-vous aurait été dramatique. Sans même parler du signal que ce renoncement enverrait à nos agresseurs ou des enjeux de la conférence, c'est une machinerie trop imposante pour être arrêtée à deux semaines de l'ouverture : des années de négociations avec un mandat qui prévoit l'adoption d'un accord avant fin 2015, des centaines d'évènements d'ores-et-déjà prévus, des dizaines de milliers de personnes en route pour Paris...
Pour la même raison, je ne crois pas beaucoup à l'idée de limiter la COP aux seules négociations. Même si il faut déjà réfléchir à de nouvelles formes de mobilisations, même si certains événements vont vraisemblablement être annulés, notamment la marche pour le climat du 29 novembre à Paris où 300.000 personnes étaient attendues ou les concerts dans l'espace public, je pense que la majorité des salons, débats, expositions, etc. se tiendront comme prévus.
L'ambiance de la conférence sera cependant bouleversée. On peut imaginer que le drame de vendredi va conférer à la COP21 une solennité particulière et remettre la diplomatie au premier plan au détriment des autres acteurs notamment des ONG. La Conférence de Paris ne sera pas la fête populaire qu'elle aurait pu être mais au fond, c'est ça la réalité d'une COP : une négociation internationale austère avec des enjeux immenses.
Parler de terrorisme plutôt que de climat ? Pourquoi pas les deux.
Bien sur, les discussions risquent d'être polluées. Il n'a pas fallu attendre bien longtemps avant d'entendre par quelques individus s'offusquer que l'on réunisse les dirigeants de la planète pour discuter du changement climatique plutôt que pour agir face à la menace immédiate du terrorisme :
Substituer un sommet international pour en finir avec Daesh à la Cop21 serait conforme à l'ordre des priorités.— Dominique Reynié (@DominiqueReynie) 14 Novembre 2015 Mais est-ce réellement incompatible ? La question de la sécurité a toute sa place dans une conférence sur le climat car une chose est certaine : nos émissions de gaz à effet de serre nous préparent un monde dans lequel les grandes sécheresses sont plus fréquentes, les rendements de l'agriculture baissent et la montée du niveau des mers déplace des millions de personnes... Dans beaucoup d'endroits, le siècle qui vient sera sans doute plus instable et plus violent que le précédent.
Quelques cyniques diront peut-être que les habitants de pays les plus pauvres et les plus fragiles sont les premiers concernés et que nous, pays développés, avons les moyens de nous adapter et de préserver nos conditions de vie. Ça n'a rien d'évident : souvenez de Katrina et comment même la première puissance mondiale a pu être déstabilisée par un phénomène climatique. De plus les attaques de vendredi nous rappellent qu'il serait naïf de penser que l'on pourra tenir à distance la violence dans un monde en chaos.
Ce n'est certainement pas un hasard si, aux États-Unis, le Pentagone tire la sonnette d'alarme depuis des années face à l'inertie des politiques !
Le Moyen-Orient, avant-goût du réchauffement climatique
Le Moyen Orient, d'où sont venus les attaques de vendredi, est justement un laboratoire grandeur nature du monde qui pourrait naître d'un réchauffement incontrôlé. Le Croissant Fertile a toujours connu des périodes de sécheresse mais elles sont devenues plus sévères et plus longues avec le changement climatique. Entre 2007 et 2010, la Syrie a connu la plus grave sécheresse jamais enregistré dans le pays. Résultat : 1.5 millions de syriens ont été déplacés, généralement des habitants des campagnes qui sont venus s'entasser en ville dans l'espoir de survivre à la perte de leurs récoltes et de leurs troupeaux.
Combiné à d'autres facteurs économique, politiques et sociaux, ce choc démographique a conduit au soulèvement de Daraa en 2011 et, de fil en aiguille, à la guerre civile et à la montée en puissance de Daech. Il ne s'agit pas là de spéculations mais d'un lien établi par plusieurs études publiées récemment dans des revues scientifiques (notamment celle-ci ou celle-ci).
Autre point commun entre la destabilisation du Moyen Orient et le changement climatique : notre dépendance aux énergies fossiles. Daech tire des centaines de millions de dollars du trafic de pétrole, un pétrole qui après un long chemin en contrebande atterrit... dans nos réservoirs. Directement ou indirectement (via les pays pétroliers du Golfe qui les financent), les groupes terroristes du Moyen-Orient s'enrochisse de notre dépendance aux énergies fossiles.
Plus résolus que jamais !
Évidemment, il ne s'agit pas de dire que le changement climatique est responsable des attaques de vendredi mais prenons cette occasion pour rappeler deux vérités élémentaires :
- Le changement climatique n'est pas une menace lointaine et incertaine, c'est un phénomène en cours qui fait déjà des victimes.
- Limiter l'ampleur du changement climatique ce n'est pas faire plaisir aux arbres et aux petits oiseaux mais tenter de nous protéger, nous et nos sociétés, d'un choc d'une ampleur sans précédent.
Publié le 16 novembre 2015 par Thibault Laconde
Friday, 14 October 2016
Tony Abbott et Stephen Harper Chute de deux climate villains à 6 semaines de la COP21
Même s'ils ont exercé aux antipodes l'un de l'autre, Tony Abbott et Stephen Harper ont en commun d'avoir dirigé un des plus gros pollueurs de la planète et d'avoir pris des positions très conservatrices en matière de lutte contre le changement climatique. A 40 jours de l'ouverture de la conférence de Paris, leurs chutes quasi-simultanées lèvent deux obstacles vers un nouvel accord sur le climat.
"House of Carbon"
L'histoire du premier ministre australien, pour commencer, semble tirée directement d'un thriller politique dans lequel le changement climatique serait à la fois l'enjeu et l'arme du crime...
"Le destin politique de Tony Abbott ferait une bonne saison de House of Cards, et le climat y joue un rôle central."
Tony Abbott s'est imposé comme leader de l'opposition libérale australienne en décembre 2009 en détrônant Malcom Turnbull. Pour y parvenir, il a coalisé les climatosceptiques de son camp dans un vote de défiance à l'encontre de son prédécesseur qui était ouvertement favorable à une régulation des émissions. Turnbull ne s'est pas déclaré vaicu pour autant et s'est présenté à sa propre succession, Abbott l'a emporté... avec une majorité d'une seule voix ! Le tout à quelques jours de la conférence de Copenhague.
Après une campagne dont il avait fait un référundum contre la taxe carbone, Tony Abbott est devenu premier ministre en septembre 2013. Deux an plus tard, le 14 septembre 2015, il a été renversé par une manoeuvre interne au parti libéral menée... par Malcom Turnbull. Celui-ci lui a succédé au poste de premier ministre dès le lendemain.
| L'avis d'un spécialiste sur l'éviction de Tony Abbott (via PlacetoB) |
Même si la question climatique occupe une place centrale dans cette histoire, la position de Tony Abbott sur le sujet est restée assez inconsistante. Remettant parfois en cause le consensus scientifique avant 2009, il a reconnu ensuite la réalité du réchauffement tout en s'opposant au projet de marché du carbone porté par la travaillistes. Il a entrepris dès son arrivée au pouvoir de faire annuler ce système entré en vigueur en 2012 mais cela ne l'a pas empêché de soutenir d'autres projets, par exemple la loi de 2010 fixant des objectifs en termes d'énergie renouvelables.
Tony Abbott reflète plutôt la position des milieux d'affaires australiens : l'Australie a un des mix énergétiques les plus sales de la planète avec 45% de charbon et seulement un petit pourcent d'énergies renouvelables. Résultat : ses émissions par habitants sont parmi les plus élevées du G20. Par ailleurs elle dispose des 4e réserves mondiales de charbon et les combustibles fossiles représentent près du tiers de ses exportations... Autant dire que les industriels australiens peuvent voir avec une certaine inquiétude la mise en place de politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre en Australie et à l'international.
Fin d'un long règne au Canada
La situation au Canada est bien différente : Stephen Harper, qui a perdu sa place après les élections d'hier, était premier ministre depuis février 2006.
Avant même son arrivée au pouvoir, Stephen Harper s'était illustré par des position tout en nuance sur les questions climatiques, qualifiant par exemple le protocole de Kyoto de "conspiration socialiste" et contestant les effets négatifs du dioxyde de carbone. C'est donc sans grande surprise que le Canada s'est retiré du protocole de Kyoto en décembre 2011. Son gouvernement s'est également illustré en verrouillant l'information sur le changement climatique - par exemple en obligeant les journalistes à obtenir une autorisation avant toute interview d'un scientifique. Harper avait d'ailleurs déjà annoncé qu'il n'avait pas l'intention de se déplacer pour la COP21.
"Entre le climat et Stephen Harper, c'était une affaire personnelle... Il voyait le protocole de Kyoto comme un "complot socialiste" !"
Longtemps le Canada s'est abrité derrière les États-Unis pour camoufler son inaction sur le climat, affirmant que cette question devait être traitée à l'échelle continentale. Avec l'arrivée de Barack Obama, Stephen Harper a du assumer seul ses décisions. Pour beaucoup d'observateurs, sous sa direction, le Canada a remplacé les États-Unis comme principal ennemi d'une action internationale contre le changement climatique.
Il faut dire que le pays s'est lancé depuis les années 1990 dans l'extraction à grande échelle des sables bitumineux. L'exploitation de ces hydrocarbures particulièrement polluants a doté le Canada de réserves de pétrole supérieures à celles de l'Iran et du Qatar réunies ! Mais les canadiens se classent aujourd'hui parmi les plus gros pollueurs de la planète par habitant.
Et maintenant ?
Sans surprises, l'Australie et le Canada avait remis des contributions décevantes en amont de la conférence de Paris. Selon leurs INDC, ils devraient faire partie du top10 des pays les plus émetteurs en 2030 et se trouver en tête de ce classement en termes d'émissions par habitant. Dans 15 ans, un canadien pourrait émettre 2.4 fois plus de gaz à effet de serre qu'un européen, et un australien 2.7 fois plus !
Le renouvellement des premiers ministres australiens et canadiens va-t-il conduire à un infléchissement de ces positions pendant la COP21 ? On peut l'espérer mais il ne faut pas s'attendre à une révolution...
En Australie, Malcom Turnbull est un opposant historique de la politique climatique de Tony Abbott mais il a sans doute aussi appris de ses erreurs et il est peu probable qu'il prenne le risque de diviser son camps par des mesures trop ambitieuses. Au Canada, Justin Trudeau, le successeur probable de Stephen Harper, a promis de travailler avec les provinces dans les premiers jours de son mandat pour mettre en place un plan de réduction des émissions mais il n'a pas pris d'engagements sur le contenu de ce plan.
Il ne faut pas oublier que, au-delà de leurs parcours et de leurs convictions personnelles, les positions de Stephen Harper et de Tony Abbott reflétaient la situation énergétique de leurs pays, avec d'un coté la manne des sables bitumineux et de l'autre le règne du charbon. Ces situations ne vont pas changer du jour au lendemain...
Reste que l'éviction de deux des pires "climate villains" de la planète est un bon signe à quelques semaines de la COP21. C'est un message adressé aux dirigeants tentés par le populisme climatique : la recette ne marche pas à tous les coups !
Et surtout le remplacement de ces deux premiers ministres ouvre une fenêtre d'opportunité qui risque de se refermer avec l'élection probable d'un républicain à la Maison Blanche en 2016... Il faudra sans doute attendre de longues années avant de retrouver une situation politique aussi favorable à un accord sur le climat. C'est maintenant qu'il faut agir !
Publié le 20 octobre 2015 par Thibault Laconde
Wednesday, 12 October 2016
COP21 Il pleut des INDC alléluia !
Vous ne vous en êtes peut-être pas aperçu, mais hier a été une rude journée dans le petit monde du climat. Figurez-vous que
INDC ? Mais oui, vous savez les CPDN...
INDC est l'acronyme anglais pour "Intended nationally determined contribution" ou en français : Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN).
Il s'agit d'une procédure destinée à préparer la conférence de Paris : chaque pays est invité à publier les engagements qu'il pourrait prendre dans le cadre d'un nouvel accord sur le climat.
Enfin, et surtout, elle permet de sortir en douceur des mécanismes qui ont conduit à l'échec du Protocole de Kyoto : une approche top-down (on décide combien on peut émettre puis on répartit par pays) en réalité impraticable et une interprétation beaucoup trop radicale du "principe de responsabilité commune mais différenciée" (dans laquelle les pays en développement -dits non-annexe I- n'avaient aucune obligation).
Des soumissions poussives qui s'affolent brusquement...
La soumission a été ouverte au printemps. L'Union Européenne, éternelle bonne élève, a rendu sa copie le 6 mars, suivie des États-Unis (le 31) et un peu plus tard de la Chine (le 30 juin). Mais depuis le processus semblait s'enliser : même si la plupart des poids lourds avait soumis leur contribution avant l'été, à 3 mois de la COP21 seuls une cinquantaine de pays s'étaient engagés.
Or il ne suffit pas que les gros émetteurs s'engagent : en vertu du sacro-saint principe d'égalité souveraine des États, il ne peut y avoir d'accord à Paris qu'à l'unanimité... Par ailleurs, plus il y a de pays qui s'engagent, plus la pression est forte sur ceux qui hésitent.
A l'approche de l'Assemblée Générale de l'ONU, le processus s'est brusquement accéléré la semaine dernière avec 18 nouvelles soumissions dont l'Indonésie et de l'Afrique du Sud. Il frôle l'emballement aujourd'hui avec (à l'heure où j'écris) 13 nouvelles INDC dont celle très attendue (et plutôt encourageante) du Brésil.
Au dernier comptage (lundi 28 à minuit) 93 pays avaient joué le jeu, soit presque la moitié des parties à la Convention-Climat.
| Les points clés de quelques-unes des INDC soumises hier |
(Vous pouvez retrouver les points-clés des principales INDC au fur et à mesure qu'elles sont publiées via mon compte twitter)
Que va-t-il se passer maintenant ?
Lorsqu'une nouvelle INDC est publié des ONG comme le World Ressource Institute, ou en France le RAC-F, se jettent dessus. Parions qu'elles n'ont pas chômé hier...
Leur objectif est d'une part d'évaluer le niveau d'ambition de la proposition : le pays prend-il de nouveaux engagements ? Quels sont les moyens et les politiques envisagés ? Demande-t-il des aides pour réduire ses émissions ? En profite-t-il pour faire passer un message sur sa position dans les négociations ? Etc.
L'autre objectif est de consolider les émissions de gaz à effet de serre prévues pour 2030 afin de voir si elles sont compatibles avec l'objectif officiel de la communauté internationale, à savoir un réchauffement de la planète limité à 2°C par rapport à l'époque pré-industrielle.
L'attention va aussi se tourner de plus en plus vers les pays qui n'ont pas soumis leurs INDC. En particulier, l'absence des pays de l'OPEP commence à se voir : seule l'Algérie a remis sa proposition. On veut bien excuser la Lybie et l'Irak mais l'Arabie Saoudite, l'Iran, le Venezuela, le Nigeria, le Koweit, le Quatar, etc. manquent aussi à l'appel.
Autre point noir : l'Inde, le troisième émetteur mondial, enfermé dans sa rhétorique du droit au développement qui divise au sein même du G77 depuis Durban, va-t-il refuser de collaborer ?
A deux mois du début de la Conférence de Paris, la multiplication des INDC est sans aucun doute un signe positif. Mais on voit aussi se dessiner de plus en plus clairement en creux les obstacles et les réfractaires à un accord ambitieux lors de la COP21. Il reste du travail...
Friday, 17 June 2016
Rencontre avec les artisans de la COP21 épisode 10 Silvia Marcon et Paris Climat 2015 20 ans après
A six mois de son ouverture, la conférence de Paris sur le climat occupe de plus en plus les esprits mais il ne faut pas oublier qu'elle ne résoudra pas seule la question du réchauffement climatique. Même si un accord ambitieux y était adopté, le plus difficile resterait à faire : traduire, aux quatre coins du monde, ces engagements en changements concrets.
Partant de ce constat, la Fondation de l'écologie politique a décidé de se livrer à un exercice de prospective : imaginons qu'un accord est signé à Paris, que va-t-il se passer dans les 20 années qui vont suivre ? Silvia Marcon, directrice de la Fondation explique cette démarche :
Le résultat peut être téléchargé gratuitement : c'est un recueil dans lequel une vingtaine de personnalités (chercheurs, élus, entrepreneurs...) ont imaginé le monde en 2035 en partant du principe que le sommet de Paris en 2015 a été un succès.
***
Compte-tenu de la pause estivale, ce dixième épisode de "rencontre avec les artisans de la COP21" va être, pour l'instant, le dernier. Je reprendrai la publication de vidéos à la rentrée, alors n'hésitez pas à vous abonner à ma chaîne Youtube.
En attendant, vous pouvez voir ou revoir les rencontres précédentes :
- Anne-Sophie Novel et Place to B
- Yves Matthieu et le débat citoyen planétaire
- Alice Audouin et Art of Change 21
- Vincent Laurent, Alternatiba et le village des alternatives à Paris
- Didier Saulnier et Artists 4 Paris Climate 2015
- Mathilde Imer, le WARN et la Conference of Youth
- Brice Lalonde sur le Business & Climate Summit
- Kamera Vesic sur "Welcome chez moi"
- Sylvianne Villaudière sur SolutionsCOP21
Vous avez un projet et vous souhaiteriez apparaître dans cette rubrique ? Parlez-moi en.
Saturday, 14 May 2016
Six MOOCs pour mettre à jour ou développer vos connaissances sur le climat avant la COP21
Grâce aux MOOC, ces cours en ligne, gratuits qui réunissent souvent des dizaines de milliers de participants, vous pouvez accéder aux leçons de quelques uns des meilleurs professeurs de la planète depuis chez vous et échanger avec d'autres étudiants de toutes origines. Plusieurs plateformes offrent des dizaines de ces cours (par exemple la francophone FUN, Coursera ou EdX).
A quelques semaines de la Conférence de Paris sur le Climat, vous pouvez en profiter pour approfondir vos connaissances sur le changement climatique. Après tout le sujet nous concerne tous...
Se faire une culture générale sur le changement climatique
Pour un tour d'horizon des questions climatiques, aussi bien sous l'angle scientifique que social et politiques, vous pouvez essayer "Causes et enjeux du changement climatique". Ce cours est francophone et fera intervenir quelques unes des "stars" françaises de la discipline, notamment le glaciologue Jean Jouzel (vice-président du GIEC depuis 2002). Début le 19 octobre...
Si vous êtes anglophone ou que vous voulez un cours qui démarre tout de suite, l'université de Melbourne propose elle-aussi un tour d'horizon de la question avec un cours de 13 semaines qui a commencé le 31 août.
Dans le cas où vous seriez intéressé surtout par les questions scientifiques liées au changement climatique, l'University of British Columbia vous promet que vous saurez en parler avec votre "vieil oncle grincheux" à la fin de ce cours de 7 semaines (à partir du 14 octobre).
Quelques cours plus spécialisés
Si vous êtes déjà familier avec les questions climatiques, il existe des MOOC qui vous permettront d'approfondir certains aspects. Par exemple :
- Climate change and public health de l'Université du Winsconsin. Ce cours propose d'étudier les liens entre changement climatique et santé et comment la réduction des émissions de gaz à effet de serre peut avoir des effets positifs aussi dans le domaine de la santé publique. Début le 9 novembre pour 4 semaines.
- Introduction to climate and water de l'Université (néerlandaise) de Delft s'intéresse plus particulièrement à l'eau et aux défis posés par le changement climatique dans ce domaine. Il a commencé le 1er septembre pour 7 semaine.
- Making Sense of Climate Science Denial de l'Université du Queensland porte sur la question du climatosceptiscisme en décortiquant les arguments les plus fréquents et en apportant un éclairage sociologique sur le négationnisme scientifique. Il fait intervenir une brochette particulièrement impressionnante d'universitaires parmi les plus prestigieux sur les questions climatiques (Michael Mann, Naomi Oreskes, Benjamin Santer...).
Pour terminer si vous vous intéressez au climat et à la COP21, ces articles vous seront certainement aussi utiles :
- Comprendre les objectifs de la COP21 (les officiels et les autres)
- 60 mots, expressions et acronymes pour comprendre le climat
- Agenda des événements prévus avant et pendant la Conférence de Paris
Saturday, 27 February 2016
Rencontre avec les artisans de la COP21 épisode 9 Anne Sophie Novel et Place to B
La réduction des émissions de gaz à effet de serre n'est pas qu'une question scientifique et technologique : nous connaissons bien désormais le changement climatique, ses mécanismes et ses conséquences probables, reste à l'expliquer au public et à convaincre les citoyens d'agir... Les déclarations de fin de COP et les interminables rapports du GIEC ne sont certainement pas le meilleurs outil pour ça : il faut inventer une façon de raconter le changement climatique et de mobiliser.
Voilà en quelques mots l'état d'esprit qui a encouragé Anne-Sophie Novel, journaliste, auteur et blogueuse (notamment chez Ecolo-Info), à lancer Place to B. Elle nous explique de quoi il s'agit :
Place to B, c'est d'abord une auberge de jeunesse située près de la gare du Nord (donc à portée immédiate du Bourget où se tiendra la COP21 à proprement parler) et réquisitionnée pour héberger 600 participants venus du monde entier. Ce cera aussi un espace de coworking avec des conférences de presse, des points d'avancement sur les négociations, des spectacles, des projections... Et, enfin, un "News Fab Lab" (ou fabrique d'un récit différent) où activistes, auteurs et créateurs pourront se rencontrer pour chercher de nouvelles façons de parler des enjeux climatiques.
Un nouvel épisode de cette série est publié chaque jeudi. Pour n'en manquer aucun, abonnez-vous à ma chaîne Youtube.
Les rencontres précédentes :
- Yves Matthieu et le débat citoyen planétaire
- Alice Audouin et Art of Change 21
- Vincent Laurent, Alternatiba et le village des alternatives à Paris
- Didier Saulnier et Artists 4 Paris Climate 2015
- Mathilde Imer, le WARN et la Conference of Youth
- Brice Lalonde sur le Business & Climate Summit
- Kamera Vesic sur "Welcome chez moi"
- Sylvianne Villaudière sur SolutionsCOP21
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Tuesday, 8 December 2015
Concours dapproximations sur les propositions indiennes avant la COP21
Elle s'est fait attendre mais elle est finalement arrivée : l'INDC indienne est tombée le 1er octobre dans la soirée alors que la date-butoir était fixée à minuit. L'Inde a été le dernier pays du G20 a s'acquitter de cette formalité.
Dans son document, l'Inde détaille les engagements qu'elle est prête à prendre lors de la Conférence de Paris sur le Climat. Il contient essentiellement deux propositions chiffrées :
- Faire baisser l'intensité carbone de l'économie indienne de 33 à 35% entre 2005 et 2030,
- Augmenter à 40% du total la puissance électrique installée issue de sources non-fossiles en 2030.
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Thursday, 26 November 2015
Rencontre avec les artisans de la COP21 épisode 7 Alice Audouin et Art of Change 21
Contrairement à ce que l'on pense trop souvent, le climat ne se réduit pas à des questions politiques, économiques ou techniques. Comme toutes les questions de développement durable, la lutte contre le changement climatique interroge aussi notre façon de voir le monde et de nous voir nous-même : le passage à une société post-carbone est avant-tout un changement culturel.
Lorsque de tels bouleversements ont eu lieu dans le passé, les artistes y ont joué un rôle important. C'est en partant de ce constat qu'Alice Audouin a crée l'association Art of Change 21 dont elle nous explique la philosophie et les projets :
Art of Change 21 a sélectionné 21 "accélérateurs du changement" - artistes engagés, jeunes activistes, entrepreneurs sociaux... Et les a réuni pour imaginer une mobilisation originale autour des questions climatiques à l'occasion de la conférence de Paris sur le Climat, et au-delà... De leurs échanges sont nés 4 projets qui vont du calculateur de carbone individuel jusqu'à la construction de ponts symboliques à Paris à Rio !
Un nouvel épisode de cette série est publié chaque jeudi. Pour n'en manquer aucun, abonnez-vous à ma chaine Youtube.
Les rencontres précédentes :
- Vincent Laurent, Alternatiba et le village des alternatives à Paris
- Didier Saulnier et Artists 4 Paris Climate 2015
- Mathilde Imer, le WARN et la Conference of Youth
- Brice Lalonde sur le Business & Climate Summit
- Kamera Vesic sur "Welcome chez moi"
- Sylvianne Villaudière sur SolutionsCOP21
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Wednesday, 9 September 2015
COP21 Limiter le réchauffement à 1 5°C dans lAccord de Paris une fausse bonne idée
Depuis la conférence de Copenhague en 2009, la communauté internationale s'est fixé comme but de limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 2°C entre le début de l'ère industrielle et la fin du XXIe siècle. Les pays les plus exposés au changement climatique jugent depuis longtemps cet objectif insuffisant et demandent de ne pas dépasser 1.5°C.

Ce débat se retrouve à la COP21 dans l'article 2 du futur accord de Paris. A ce stade plusieurs options restent ouvertes :
- L'objectif de Copenhague : "Contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels",
- La demande des pays vulnérables : "en dessous de 1,5 °C",
- Et une formulation intermédiaire : "bien en dessous de 2 °C" avec une mention de la limite de 1.5°C.
> Pour plus de détails, vous pouvez desormais consulter mon analyse du texte final de l'Accord de Paris et de ses implications technologiques et économiques
1.5°C... promesse d'ivrogne
Compte-tenu des propositions des États, nous nous trouvons actuellement sur la trajectoire d'un réchauffement à 3°C environ. Limiter la hausse moyenne de la température à 2°C reste possible mais uniquement au prix d'efforts héroïques - et improbables (c'est pas moi qui le dit, c'est l'éditorial du numéro spécial de la revue Nature pour la COP21).
L'objectif de 1.5°C, lui, est largement hors d'atteinte. En effet, d'après le 5e rapport du GIEC (voir p. 64), pour avoir une probabilité de 66% de rester en dessous de 1.5°C, il faut que l'ensemble des émissions humaines ne dépassent pas 2250 milliards de tonnes équivalent-CO2 (GTeqCO2). Compte-tenu de ce qui a déjà été émis il ne nous restait plus en 2011 que 400GTeqCO2 à émettre... Au rythme actuel, nous dépasseront ce seuil autour de 2020.
Même en acceptant de n'avoir qu'une chance sur deux rester en dessous de 2°C, notre budget carbone ne serait que de 150GTeqCO2 de plus, soit un sursis de 3 ou 4 ans.
| Budget carbone (GIEC AR5) |
La communauté internationale s'apprête donc à se donner un objectif qu'elle sait pertinemment ne pas pouvoir atteindre.
Un objectif qui risque d'affaiblir l'accord
J'entends parfaitement le désespoir croissant des pays qui subissent déjà les effets du changement climatique et les arguments humanitaires et éthiques en faveur de cet objectif, même inatteignable. Mais qu'il soit quand même permis de se demander ce qu'il implique pour le futur accord de Paris.
A ce sujet, j'ai au moins trois préoccupations :
- Imaginons, comme cela semble le plus probable aujourd'hui, que l'accord fixe un objectif de 1.5°C et une révision des engagements nationaux en 2023 ou 2024. Cela signifie que cette première révision aura sans doute lieu alors que l'objectif fixé par l'accord sera déjà dépassé. Il me semble prévisible que ce calendrier légitimera un discours de laisser-faire : "de toute façon, c'est déjà trop tard, pourquoi devrions-nous faire plus d'efforts ?" Cela ne peux que nuire à l'ambition de la communauté internationale, voire entamer la portée juridique de l'accord qui sera partiellement obsolète au moment même où il doit supposé produire son effet.
- Puisque l'objectif n'est pas atteignable par une réduction des émissions, il me semble aussi qu'il fait le lit d'idées dangereuses comme le dépassement temporaire ("overshoot") et d'hypothétiques solutions technologiques pour refroidir le climat.
- En cas de non-respect, l'accord de Paris pourrait servir de base à des actions en justice contre les États qui le ratifieront, soit de leurs citoyens (comme récemment aux Pays Bas ou au Pakistan) soit de pays-tiers. S'il contient un objectif irréaliste, cela ne va-t-il pas nuire au processus de ratifications ou inciter des pays à se retirer de l'accord pour éviter des poursuites ?
Les bons textes internationaux sont faits pour durer... Les difficiles négociations qui sont en cours autour de la différenciation montrent qu'une principe inattaquable au moment de son adoption peut, s'il n'est pas assez flexible, se changer quelques années plus tard en obstacle à l'action. N'est-on pas en train de refaire la même erreur en inscrivant un objectif de 1.5°C dans l'accord de Paris ?
Publié le 10 décembre 2015 par Thibault Laconde
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