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Thursday, 2 June 2016
Avis dexpert Il ny a pas de contradiction entre la protection du climat et laccès universel à lénergie
Dans quelques jours, l'Accord de Paris sur le climat sera ouvert à la signature au siège new-yorkais de l'ONU. C'est une première étape vers son entrée en vigueur, et l'occasion se s’interroger sur les effets de cet accord dans les années et les décennies qui viennent.
> Cet entretien est extrait d'une étude sur les effets à long-terme de l'Accord de Paris, notamment sur l'économie et les choix technologiques. Vous pouvez télécharger l'étude complète ici.
Les objectifs adoptés par la communauté internationale lors de la COP21 ne pourrons être atteint que pas une baisse rapide des émissions. Cette baisse implique notamment un usage plus économe de l'énergie. Mais il ne faut pas oublier qu'une partie importante de l'humanité n'a toujours pas accès à l'électricité et souffre régulièrement de pénuries d'énergie. Dans ce cas n'y a-t-il pas une contradiction entre la lutte contre le changement climatique et l'accès universel à l'énergie, qui fait aussi partie des objectifs de la communauté internationale ?
J'ai posé la question à Clara Kayser-Bril. Clara est ingénieure et consultante, spécialiste de l'accès à l'énergie dans les pays en développement, elle est intervenue sur des projets dans une vingtaine de pays.
Quelle est la situation actuelle en matière d'accès à l'énergie ?

Dans le même temps, dans de nombreux autres pays et notamment en Afrique sub-saharienne, la situation a stagné et s’est même par endroit dégradée : mathématiquement, le taux d’accès recule lorsque les efforts d’électrification n’arrivent pas à suivre le rythme de la croissance démographique. Cette situation est souvent le reflet de graves problèmes de gouvernance : l’électricité se trouve de fait réservée à une petite élite urbaine tandis que les zones périurbaines et rurales sont laissées pour compte. Il faut également accepter le fait que l’électrification coûte cher, d’autant plus cher que l’habitat est dispersé et reculé. Les avancées technologiques récentes, dont le boom des kits solaires individuels est une belle illustration, permettent de réduire ce coût. Mais mettre l’électricité à la portée des plus pauvres requiert d’importants efforts financiers que nombre de pays ne sont pas en état de fournir.
Le problème se pose différemment sur le plan des énergies de cuisson : alors que l’électrification d’un ménage rural revient typiquement à 500-1500 dollars, 50 dollars peuvent suffire pour améliorer nettement les conditions en cuisine. La diffusion des foyers et combustibles améliorés est cependant très lente, malgré d’importants efforts entrepris depuis plus de trente ans. C’est qu’il n’est pas aisé de changer ses habitudes en ce qui concerne la préparation des repas. Mais on constate aussi, trop souvent, que l’énergie de cuisson est la grande absente des politiques énergétiques : il est plus valorisant de s’attaquer à la construction de grandes infrastructures que de se lancer dans la résolution de ce problème diffus, éminemment domestique, et très majoritairement féminin.
"L'accès universel à l'électricité, même la plus polluante, n'augmenterait les émissions mondiales de CO2 que de 0.2%."
L'objectif d'une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre inscrit dans l'Accord de Paris est-il compatible avec l'accès à l'énergie pour tous ?
L’accès universel à l’énergie ne signifie pas que 100% de l’humanité va subitement consommer autant d’énergie que les habitants des pays riches. Les personnes aujourd’hui privées d’accès appartiennent typiquement à des populations pauvres, aux moyens limités. Une famille rurale au Népal ou en Tanzanie, si elle est raccordée au réseau électrique, consommera de l’ordre de 300 à 500 kWh par an. Sur la base de cet ordre de grandeur, si les 1.1 milliards de personne qui en sont aujourd’hui privées bénéficiaient demain de l’électricité, quand bien même la totalité de cette électricité proviendrait de centrales au charbon (les plus polluantes), l’impact sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre serait de +0,2%. Il n’y a donc aucune incompatibilité entre accès à l’énergie et réduction des émissions de gaz à effet de serre.
"Il faut éviter le dogme de l'électrification 100% renouvelable et privilégier la complémentarité des sources."
Quels sont les retours d’expérience en matière d'électrification bas-carbone ? Qu'est-ce qui a marché ? Qu'est-ce qu'il faut éviter ?
Les pays en développement s’engagent de plus en plus sur la voie des énergies renouvelables. Souvent dotés de potentiels importants pour le photovoltaïque (Afrique sahélienne), l’hydroélectricité (Afrique équatoriale, Asie du Sud-Est), ou encore la géothermie (Afrique de l’Est, Philippines), ces pays pourraient ainsi bénéficier d’une énergie sûre, produite localement, et préservée des fluctuations des marchés internationaux.
Mais il faut éviter le dogme du "tout renouvelable" pour les pays en développement. Construire de nouvelles capacités d’électricité renouvelable est complexe et risqué. Il s’agit de projets très gourmands en capitaux, l’essentiel des coûts correspondant à la construction de la centrale avec peu de coûts d’exploitation ensuite. Or la capacité d’investissement des pays en développement est limitée : les budgets publics sont faibles, l’endettement déjà élevé. Dans des contextes souvent marqués par les incertitudes politiques, mobiliser les importantes sommes nécessaires à la construction d’une centrale hydroélectrique ou d’une ferme solaire est parfois "mission impossible". Par ailleurs, l’électricité renouvelable peut être intermittente (photovoltaïque, éolien) ou marquée par une forte saisonnalité (hydroélectricité, biomasse). Certains pays qui ont tout misé sur l’hydro se retrouvent en situation de crise énergétique en cas de sécheresse. Ceux qui en ont les moyens se tournent alors massivement vers les générateurs diesel individuels hautement polluants. Cette production thermique gagnerait à être centralisée pour en diminuer les émissions et les coûts.
Il est illusoire, et contreproductif, d’attendre des pays en développement la mise en place de politiques d’électrification 100% verte. Il faut certes poser les bases de la croissance verte, mais en privilégiant les complémentarités entre différentes sources – comme le font depuis des décennies les pays industrialisés.
"Au-delà de la production, l'utilisation rationnelle de l'énergie doit être une priorité dans les pays en développement."
Selon vous, quelles technologies ou quelles méthodes ont le plus de chance de se développer dans le cadre de la mise en œuvre de l'Accord de Paris ?
On parle beaucoup d’électricité renouvelable mais il ne faudrait pas oublier les questions d’efficacité énergétique et plus globalement, d’utilisation rationnelle de l’énergie. A quoi sert-il de produire une électricité 100% verte, si elle est immédiatement engloutie par des climatiseurs inefficaces qui tournent à plein régime dans des pièces mal isolées ? Les constructions modernes tout-béton qui poussent comme des champignons dans les pays en développement sont un véritable non-sens énergétique. A mon avis, les techniques qui devraient être le plus soutenues sont celles qui permettent de réduire d’entrée de jeu le besoin, à commencer par l’architecture – bioclimatique, matériaux traditionnels etc. Le chauffe-eau solaire, très répandu en Chine par exemple, est encore balbutiant en Afrique alors que c’est une solution abordable, robuste et efficace. Ce n’est pas de la high-tech, c’est sûrement moins sexy qu’une éolienne ou un panneau photovoltaïque, mais ça marche !
Sur le plan de la production d’électricité, l’Accord de Paris va certainement permettre de poursuivre le soutien apporté à travers le monde à l’électrification décentralisée. Des technologies bien établies comme la petite hydroélectricité, d’autres en plein essor comme les hybrides photovoltaïque-diesel ou les gasifieurs biomasse de petite taille, devraient se développer. A l’échelle domestique, les solutions photovoltaïques individuelles (lanternes, kits solaires) devraient poursuivre leur progression en bénéficiant d’un soutien plus marqué – couplé au développement des appareils très économes en énergie, comme les lampes à LED.
Publié le 18 avril 2016 par Thibault Laconde
Sunday, 3 April 2016
Interdiction des publicités et enseignes lumineuses le black out nest pas pour ce soir
C'est ce soir, 1er juillet 2012, qu'entre en vigueur une mesure importante héritée du Grenelle de l'environnement : l'obligation d'éteindre les publicités et les enseignes lumineuses entre 1 heure et 6 heures du matin.
L’enjeu : l'équivalent de la consommation électrique du Bénin
La publicité et les enseignes lumineuses représentent une consommation d'énergie très importante : selon le ministère de l'environnement, l'extinction des enseignes lumineuses entre 1h et 6h permettrait d'économiser 700GWh d'électricité par an, l'équivalent de la consommation électrique du Bénin ! A ce gaspillage s'ajoutent un certain nombre de nuisances : intrusion dans la vie quotidienne, pollution lumineuse, perturbation des espèces nocturnes...
Le Grenelle de l'environnement a donc posé le principe d'une réglementation de la publicité lumineuse (art. 40 de la loi du 12 juillet 2010), principe qui a été traduit par un décret publié début 2012 (décret du 30 janvier 2012).
Le black-out n'est pas pour ce soir
Si on rentre dans le détail, cette mesure concerne toute enseigne ou publicité "à la réalisation de laquelle participe une source lumineuse spécialement prévue à cet effet".
Pour ce qui est des enseignes lumineuses, elles devront être éteintes entre 1h et 6h du matin à partir du 1er juillet 2012. Une exception cependant : les enseignes pourront rester allumées aussi longtemps que l'activité signalée se poursuit. Les boites de nuits et les pharmacies de garde pourront donc garder leurs néons...
Pour les publicité lumineuses, c'est un petit peu plus compliqué. D'abord, l'obligation d'éteindre ne concerne pas le mobilier urbain et les publicités numériques, ensuite elle ne s'applique que dans les villes de moins de 800.000 habitants. Pour les villes de plus de 800.000 habitants, c'est le règlement local de publicité qui fixera les règles applicables et les communes concernées ont le temps de bien réfléchir à ce nouveau règlement qui devra être pris avant... le 13 juillet 2020.
Un dernier point : les publicités comme les enseignes lumineuse pourront rester allumées lors d'événements exceptionnels définis par arrêté municipal ou préfectoral. Enfin, un délais de 2 ans est prévu pour permettre aux dispositifs non-conformes d'être modifié. Inutile donc d'espérer voir les étoiles dès ce soir...
En conclusion, on peut quand même s'étonner qu'il revienne à la loi d'imposer une mesure qui semble relever du bon sens le plus élémentaire : pourquoi augmenter sa facture d'électricité pour illuminer une publicité ou une enseigne à l'heure ou tout le monde ou presque est dans son lit ? Derrière cette question se cache sans doute un problème économique plus profond : celui du prix de l'énergie et de la répartition des richesses.
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Wednesday, 24 February 2016
Fabriquer son occultation extérieure cest pas sorcier !
Une occultation extérieure pour le camping car est une nécessité incontournable aussi bien l'été que l'hiver, car le vitrage du pare brise n'est pas double ou triple ! il faut donc isoler par l'extérieur.
La marque la plus connue pour ce genre d'isolation est SOPLAIR.
Pour un profilé, une isolation toute faite coûte environ 250 €, mais pour un intégral c'est environ 600 € du fait de la variété des modèles (et donc de séries moins grandes).
Un de mes ami s'est fabriqué sa propre isolation, et je vous explique comment il a fait pour un prix de revient de 200 € ; vous verrez, c'est super simple.
Il suffit d'acheter un rouleau d'isolant à couche mince en aluminium (il a acheté de l'isobulle, mais il y a d'autres solutions).
Les étapes de réalisation sont les suivantes :
1-tracé d'un gabarit
Sur un grand plastique de peintre de 5 m par 3 m (5 €) ; vous le scotchez sur le camping car et au feutre indélébile, vous faites des repères par des points : autour des fenêtres, et sur le pare brise. Il suffit d'indiquer les changements de direction.
Ensuite, vous étendez votre gabarit sur le sol pour terminer le traçage à la règle ; puis vous découpez votre gabarit.
2-tracé du support final.
Sur le sol, vous déroulez l'isolant couche mince, puis vous posez le gabarit dessus.
Vous faites ensuite le traçage à partir du gabarit puis la découpe. Vous pouvez mettre quelques bouts de scotch pour maintenir en place votre gabarit.
Ensuite vous découpez le tracé obtenu.
3-finitions par un shipchandler (ou une voilerie).
Vous faites coudre avec du fil à voile (il résiste à l'humidité) un galon résistant à l'humidité en utilisant des points zig zag, sur l'entourage du support final ; coût environ 150 €.
Si votre femme a une machine à coudre, c'est peut être faisable.
4-Pose des fixations sur l'isolant.
Sur le support final, dans chacun des 4 coins vous posez un oeillet ovale en inox, qui permettra de fermer un tourniquet lui aussi en inox.

Le tourniquet : partie à poser sur la carosserie
Vous pouvez visualiser les pièces citées à cette adresse. Elles peuvent être achetées chez un shipchandler.
5-Pose des fixations sur le camping car.
Ensuite, avec 2 aides vous mettez en place votre support final sur le camping car. Vous tracez un trait au crayon dans chacune des 4 trous des oeillets.
Il suffit ensuite de fixer les tourniquets sur le camping car avec des rivets pop (par exemple). N'oubliez pas de mettre un peu de mastic d'étanchéité !
Voyez le résultat :
NOTA : en opérant de la même manière, pour quelques euros de plus, vous pouvez faire des protections de fenêtre, sans oublier toutes les ouvertures du toit.
N'oubliez pas de faire coudre une bande élastique plate noire à chaque angle pour pouvoir les fixer facilement.
Vous pouvez aussi faire des protections de roues contre le soleil ardent l'été.
Vous pouvez économiser les travaux de couture en utilisant du power tape de qualité (comme Pattex) en largeur de 5cm. Ce ruban adhésif armé résiste à des températures comprises entre -10 et +70°C.
On colle la moitié de la largeur du ruban sur toute la longueur ; ensuite on rabat l'autre moitié en partant du milieu de la longueur à coller ; une main tire, l'autre appuie. En fait c'est une mauvaise idée, j'ai essayé, ça se décolle.
Une housse pas chère pour ranger l'occultation dans la soute ?
Vous roulez pas trop serré et mettez le tout dans un sac poubelle de 100 litres.
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